Réaction d’Emmanuel Digonnet
à l’Est Républicain
Madame, Monsieur,
Je viens de prendre connaissance de votre refus de publication dans
votre quotidien, d’une annonce anniversaire du décès de Monsieur Fred
Wolfsohn au prétexte que cet avis faisait référence à « la barbarie nazie ».
Ayant eu connaissance du contenu de la lettre par laquelle Monsieur
Jacques HOMMELL tente d’expliciter son refus, j’en suis d’autant plus
choqué.
Ainsi, Monsieur Jacques HOMMELL se pose en censeur en décidant de son
propre chef que l’expression « barbarie nazie » soit /« une allusion
politique ou idéologique »./
Je trouve cette prise de position très choquante du fait que
l’expression « barbarie nazie » est une expression passée dans le
langage courant mais surtout, utilisée par nombre d’historiens de la
seconde guerre mondiale et des génocides perpétré durant ce conflit
mondial au nom d’une idéologie.
Pour ne citer que des ouvrages récents, lisez : « Dictionnaire de la
barbarie nazie et de la shoa » de Daniel Bovy ou « Noir dans les camps
nazis » de Serge Bilé (où il est question de la « barbarie nazie » et où
il ne s’agit plus du génocide contre les juifs), ou encore la
présentation du « Journal d’Anne Franck » dans la sélection «
pour un autre regard » sous l’égide du ministère de l’éducation qui
parle de « la barbarie nazie ».
Messieurs, mon courriel n’a d’autre objectif que d’obtenir de votre part
un éclaircissement sur ce refus de publication.
S’agit-il d’une ligne éditoriale interdisant toute référence explicite
au régime nazi et à sa barbarie, d’un excès de zèle d’un responsable
publicitaire mal enseigné sur l’histoire de la seconde guerre mondiale,
ou je n’ose l’imaginer, une volonté de minimiser dans vos colonnes la
tragédie de million de familles, parfois originaires de l’Est de la
France, durant la barbarie nazie.
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie messieurs de recevoir mes
salutations.
Emmanuel Digonnet
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